Semaine de la solidarité internationale

mardi 29 janvier 2013

Communiqué - 28 janvier 2013 - Appel aux dons pour une aide d'urgence


Depuis le samedi 26 janvier, nous respirons pour Gao ; la ville, hier encore martyrisée, est aujourd’hui libérée. C'est un grand "Ouf !" pour tous, les messages nous parviennent nombreux de nos partenaires et amis, heureux de la nouvelle situation et reprenant pas à pas possession de leur territoire. C’est l’espoir de la libération prochaine du nord du Mali et de la reprise des activités économiques et culturelles dans le respect du droit des populations.

Finalement, il n’aura fallu quelques jours pour reprendre une région tombée aux mains d’extrémistes imposant un obscurantisme dont on connaît tous les dangers.

Mais attention : une victoire ne fait pas gagner la guerre, surtout ce type de guerre que l’on qualifie d’asymétrique ; d'aucuns rappellent les débuts de la guerre en Afghanistan, on sait ce qu'il en est advenu pour ce pays. Bien sûr la situation n'est pas comparable, mais la montée vers le nord du Mali des troupes djihadistes désertant Gao et Tombouctou pour se retrancher dans les montagnes de Kidal invite à une réjouissance prudente. Et puis, une guerre doit se terminer un jour, même si dans ce cas il est peu probable qu’un accord de paix soit signé. Dans quelques temps il va falloir construire ou reconstruire ce Mali et cette région d'Afrique très particulière, mêlant des territoires et des populations extrêmement divers pour ne pas dire différents. Passée la période du nécessaire soutien "humanitaire" et de l'aide d'urgence, nous, partenaires de la coopération, ne pourrons apporter que notre amitié, notre aspiration aux grandes valeurs de liberté, de démocratie et de droits des femmes et des hommes. Nous serons présents, mais notre intervention devra être mesurée, au risque d'ingérence.

La période qui s'ouvre nous conduira-t-elle à cette réflexion nécessaire, indispensable, sur le sens à donner à la coopération et aux relations entre les pays d'Afrique et les anciens pays colonisateurs ? Pour le Mali, il s'agira bien de construire une vraie démocratie, avec un vrai projet politique, éducatif et environnemental, un vrai projet économique conduisant à la suffisance alimentaire et valorisant les ressources naturelles, de vraies relations de coopération (dans les deux sens), autant de piliers d'une société moderne, construite par les maliens eux-mêmes, et non d'une société calquée sur l'ancienne puissance coloniale, ce qui amènerait à nouveau dépendance, recours à l'aide internationale et toutes les fragilités que nous avons connues ces derniers temps. Ce ne sera pas facile, autant pour nos amis maliens qui devront faire preuve de mobilisation, de tempérance, d'intégration, de force de persuasion et de conviction, toutes choses qui demandent beaucoup d'énergie et de temps ; pas facile pour nous également, partenaires de la coopération, qui devrons faire preuve de patience, mais aussi de fermeté pour freiner tout ce qui ressemble durablement à de l'assistanat, source de toutes les dépendances et du maintien du sous développement.

La période qui s'ouvre est une période nouvelle ; faisons que nos réflexions, nos démarches et nos réponses soit inventives, pour un monde partagé.

En accord avec ses partenaires maliens, le comité de Thionville organise une

ACTION D’AIDE EXCEPTIONNELLE

en solidarité avec les populations de Gao et lance un

APPEL AUX DONS

    - versements au nom du comité de jumelage-coopération
    - à adresser à Bernadette VAUTHIER, 7, impasse du Biset 57100 THIONVILLE

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bravo ! Je donne !